Interview du 2 décembre 2024
Bonjour, je m’appelle Sandrine Mathonnet, je travaille comme déléguée spécialiste en neurologie pour le laboratoire ORION PHARMA. L’objectif de cette vidéo est de témoigner comme migraineuse et de partager mon expérience dans le cadre professionnel.
Comment la migraine impacte-t-elle votre vie professionnelle ?
Je suis migraineuse depuis l’adolescence, à raison d’une dizaine de migraines par an jusqu’à l’âge de 40 ans environ. C’est relativement peu par rapport à d’autres personnes qui ont plusieurs migraines par mois. Mes crises de migraine sont caractérisées par leur intensité qui ont entraîné une hospitalisation et parfois l’obligation d’arrêter mon activité dans les 15 à 30 minutes qui suivent le début des symptômes.
Ces crises surviennent souvent en période de fatigue, de stress, voire de grosse contrariété, mais elles peuvent aussi arriver pendant des vacances ou même après une grasse-matinée. Il n’y a pas de logique dans la survenue de ces migraines, ce qui les rend handicapantes, parce qu’elles vous extraient de la vie personnelle et aussi professionnelle.
Ces crises commencent souvent par les mêmes symptômes. La plupart du temps, pour moi, c’est une forme ronde qui apparait dans un œil, cette forme peut s’agrandir et m’empêcher de voir. Ma main peut s’engourdir, je peux ne plus sentir mon bras, j’ai rapidement des nausées, voire l’envie de vomir, ma bouche peut se paralyser, et je peux prendre un mot pour un autre.
Autrefois j’avais tendance à laisser s’installer la crise et je me retrouvais alors avec une douleur de plus en plus intense, des vomissements, le besoin de m’isoler et l’impression d’être dans une sorte de « coma » qui pouvait parfois durer jusqu’au jour d’après.
Si cela arrivait en période d’activité, il me fallait tout arrêter, car j’étais incapable de continuer ce que j’étais en train de faire.
C’est d’autant plus problématique que j’ai la même activité depuis longtemps, que je travaille en voiture, et que je suis amenée à me déplacer plusieurs fois dans la journée. Et d’ailleurs, une fois je me suis fait très peur : j’avais des rendez-vous dans une autre région, je n’ai pas voulu les annuler et j’ai décidé de partir quand même. J’avais pris un antalgique avec un antiémétique, mais une heure après je me suis endormie au volant l’espace de quelques secondes. Ce qui m’a réveillée c’est le fait d’avoir touché la barrière de sécurité sur l’autoroute.
À partir de ce moment-là j’ai décidé de m’écouter davantage et de gérer les choses différemment.
Quels conseils pour minimiser l’impact de la migraine ?
Pour conclure, si je me base sur ma propre expérience, je conseillerais aux migraineux d’être toujours attentifs aux signes annonciateurs de la migraine, et de « s’écouter ».
Je n’hésite pas à en parler aux personnes avec qui je travaille, car c’est important de leur faire comprendre que, lorsqu’on a la migraine, on est vraiment handicapé et qu’on ne décide pas quand et où celle-ci arrive.
L’idée est de pouvoir finir sa journée de travail sans être exclu de ses activités professionnelles ou des personnes avec lesquelles on partage sa vie.
Enfin, je conseille bien sûr d’aller consulter : les centres de la douleur, les neurologues, les algologues, le médecin de famille, disposent de différents moyens pour répondre à la migraine de façon adaptée à chacun, pour être impacté le moins possible dans notre vie professionnelle et personnelle.
Les propos tenus sont sous la responsabilité de leur auteur.